Conseils — 10/04/2012 at 12:08

XCommerce

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Qu’est-ce que X.Commerce ?

Depuis quelques mois, Ebay a fait de nombreux rachats, visants tous à consolider sa galaxie de services E-commerce.

Dans ses plans et sa communication, Ebay annonce un nom qui recouvre l’ensemble, X.Commerce. Mais quelle est la stratégie derrière ?

Cet article analyse les tenants et aboutissants de ce qui promet d’être un monstre demain, mais qui n’a encore aucun visage aujourd’hui. Ce qui va suivre est une extrapolation de ce que nous savons, pour imaginer ce qui se trame peut être. Rien n’est officiel, ce n’est ici que nos projections et notre point de vue. 

Vers une couverture de tous les segments de marché ?

Prenons déjà l’aspect Framework. Avec les rachats de Magento et Intershop, un schéma se dessine déjà un peu :

  • Intershop en haut, sur le Tiers 4 avec GSI comme offre totalement gérée, qui serait peut être migré sous Intershop.
  • Magento EE occuperait le segment fin Tiers 2 et Tiers 3
  • Magento PE mid Tiers 2 et CE le Tiers 1, mais elle a disparu récemment du scope…
  • Magento Go serait la plateforme pour petit à petit remplacer les boutiques pro Ebay par des magasins Go. Ca fait beaucoup de sens, cela donnerait des outils aux clients pro d’Ebay et ferait des boutiques plus efficaces.

Mais soyons réalistes, si c’est bien ça le plan, il va y avoir des aménagements à envisager…

En premier lieu, la version PE de Magento n’a jamais percé et elle n’a même jamais été soutenue par l’éditeur, elle vient même de disparaître du site. C’est un soucis mineur à la rigueur puisque la CE peut couvrir un spectre plus large. Mais par contre, Magento Inc souhaite faire pénétrer son bébé sur le Tiers 3, les clients réalisants 10 à 100 M€ de CA, et comme nous en avons parlé dans notre étude, ce n’est pas gagné. Les frameworks PHP ont de sérieuses limites sur ce segment.

Ensuite, Intershop a une stratégie affichée qui consiste à ne s’intéresser qu’au Tiers 4 et comme Magento EE ne conviendra pas au Tiers 3, il va bien falloir que quelqu’un aille au charbon sur ce segment, probablement Intershop

Les solutions e-Commerce en Java sont plus appropriées pour le Tiers 4 et c’est pour cette raison qu’eBay a racheté GSI commerce qui a lui-même acquis 30% des parts d’Intershop. Cette acquisition permet à eBay de se frayer un chemin vers les grands comptes e-Commerce et de compléter sa stratégie de segmentation totale du marché.

Au delà des Framework

Ebay n’est pas fondamentalement un éditeur dans son ADN. Non, Ebay, c’est avant tout une banque par l’entremise de PayPal. Une banque avec des centaines de millions de comptes utilisateurs. Et c’est là que se situe le nerf de la guerre, ne vous y trompez pas. Le transactionnel sur la plateforme, c’est sympa pour passer des vacances dans la haute l’hivers, mais les milliards, c’est PayPal qui va les générer !

Donc tout ce qui pourra développer la visibilité de PayPal et le mettre au centre du commerce mondial en ligne est bon à prendre. Avoir des frais transactionnels sur la marketplace Ebay est aussi bon à prendre, mais qui n’a jamais rêver d’être une banque ? Qui Amazon est obligé d’avoir en connecteur de payement, comme tout le monde ? Qui permet de vendre puis racheter, le tout un peu sous la ligne d’horizon du fisc parfois ? 

Dis papa, c’est quoi cette bouteille de lait ?

Mais au delà de PayPal, Ebay a aussi racheté pléthore de soft/services, dont Zong, Red Laser et Milo par exemple. Alors certes, la définition est floue pour tout le monde actuellement, parfois des dires mêmes des intéressés, mais la motivation est là. X.Commerce pourrait bien à la fois être le cheval de Troie global pour PayPal mais aussi, et surtout, un bus applicatif permettant de prendre tout ou partie des services que l’on souhaite chez Ebay.

Car avec une telle carte de service, que l’on soit garagiste et que l’on veuille vendre des pièces détachées en ligne ou que l’on soit une énorme marque souhaitant déléguer sa gestion online à un tiers, il y a (ou aura) une solution Ebay / X.Commerce pour cela. On pourra tout prendre, ou juste un des services utiles, qui donnera l’envie de goûter aux autres.

A cette question se trouve de nombreux articles, commentaires et sites essayant d’expliquer la structure qui est censée révolutionner le E-commerce. Cependant, même en consultant le site officiel www.x.com, il est difficile d’entrevoir à quoi ressemblera exactement ce projet pharaonique.

Tout ce que nous savons pour le moment est que le X.commerce rassemble une multitude de technologies toutes aussi performantes les unes que les autres, rachetées par eBay qui, à terme, permettront de créer une structure E-commerce capable de faire tout ce qui est possible et imaginable pour un E-marchand. Des solutions E-commerce très complètes proposent déjà ce genre de services en intégrant des tonnes de fonctionnalités destinées aux grands comptes telles qu’Intershop, Demandware ou bien Hybris.

Alors, quelle est la véritable révolution ?

La révolution, c’est que X.commerce s’adressera à tous types de marchands.

Qu’ils soient petits, moyens ou bien grands comptes, X.commerce segmente entièrement le marché et propose une solution pour tous les projets. Après avoir racheté une 1ère partie de Magento (49%), RedLaser, Milo.com suivie de GSI Commerce, Where inc., la deuxième acquisition de Magento (51%), Zong  et finalement The Gifts Project en 2011 et bien d’autres en route ou depuis, eBay s’est constitué une force de frappe capable de répondre à quasiment toutes les problématiques E-commerce. Service de paiement intégré, gestion de la logistique, achats et scan de code barre via mobile, solution e-Commerce leader du secteur, tout sera possible avec X.commerce.

Il semble probable aussi que ces services s’accéderont via des API ou webservices relativement standardisés, permettant une intégration simple et rapide, depuis toutes les plateformes, afin d’imposer un standard, dont voici la structure :

X.Commerce : “La Fabrique”

La Fabrique (The Fabric) est l’élément clef de X.Commerce, en fait, c’est le bus applicatif, un EDI.

La Fabric est composée de 3 élements centraux :

  • Les “capabilities“, disons les fonctions ou “capacités”, qui sont des connecteurs permettant de gérer les messages circulants sur le bus. Les capacités sont donc toutes sortes de programmes capables de gérer une réponse à une message lui étant destiné pour traitement.
  • les “Tenants”, que l’on pourrait presque traduire par “tenanciers”, le patron du site. Il permet à une “capability” d’interagir avec son site, en son nom, il délègue un pouvoir ou donne un accès, bref c’est lui qui consomme les services de la Fabric tout en controllant son périmètre, un peu comme lorsque l’on autorise une app facebook a accéder à telle ou telle information de son compte pour fonctionner.
  • Les “Topics” ou “sujets”. Ce sont des méthodes qui vont interagir avec votre site, des services en fait. Si vous appelez un topic “/catalogue/publication_comparateurs”, vous allez autoriser la publication de votre catalogue sur les comparateurs que vous avez choisis. Certains topics demandent son accord au “Tenant”, d’autres sont transparents et ne nécessite pas cet accord.

X.Commerce est un bus applicatif, une sorte de super webservice, ou parfois autrefois appelé EDI dans le bon vieux temps. Il lit et envoie des messages par ses connecteurs (capabilities), à destination des fonctions (topics), selon les autorisations qu’il a eu par le propriétaire (tenant). Pour tester un peu plus en profondeur ce que peut être X.Commerce, un dev toolkit a été mis à disposition ici. (un plugin Eclipse existe aussi)

L’avantage de ce type de modèle, c’est qu’il est possible de faire travailler ensemble Java, PHP, .Net, sans aucun soucis. Finit les prises de tête avec les WSDL et les webservices qui ne se comprennent pas d’un langage à un autre.

Pour bien comprendre et commencer à coder, je vous conseil et recommande les deux excellents articles de Matias ici : Registering a Capability et ici : Integrate with Xcommerce.

Ebay Vs Amazon : David contre Goliath ?

eBay promet que X.commerce sera une nouvelle approche du E-commerce avec la création d’un écosystème regroupant les fonctionnalités de chacune des solutions et constituera une véritable boite à outils pour les développeurs. Le but final est que tous les E-marchands puissent y trouver leur compte à travers toutes les solutions proposées.

En conclusion, eBay souhaite se positionner comme un leader du e-Commerce et sortir de son image de ‘vide grenier’. Son objectif est de dominer le marché avec une stratégie d’acquisition d’entreprises pour concurrencer la croissance exponentielle d’Amazon, son adversaire principal et leader absolu du Ecommerce dans le monde.

Si eBay veut résister face à ce Goliath du e-Commerce, il lui faut conquérir les E-marchands, autrement dit, la base du marché. Soyons bien à l’affût des nouveautés X.commerce car il y a de grandes chances que cette future structure fasse bouger les lignes du E-commerce. Reste à savoir si eBay arrivera à développer quelque chose d’homogène et cohérent répondant aux attentes des E-commerçants. 

Notre conseil ? Si vous êtes une Web Agency, mettez vous à X.Commerce, car de toute façon, quand les plans seront plus clairs, cela deviendra très probablement un standard !

One Comment

  1. Pingback: Shopweb : Intershop sous forme de SaaS | Ecommerce Squad : le Ecommerce, coté technique

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