Les news, Solutions E-commerce — 17/06/2013 at 14:17

6 paris sur l’avenir des solutions e-Commerce

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Petit paris sur l’avenir des solutions e-commerce

There is an English version of this post, here.

Dans le cadre du “Benchmark des solutions e-Commerce”, j’ai analysé 12 solutions pendant 6 mois avec mon collègue Matthieu.

L’analyse comporte ~170 pages qui portent sur les 4 solutions en Java (IBM Websphere Commerce, Oracle ATG, SAP Hybris, Intershop) et des 8 en PHP (Magento, Prestashop, Virtuemart, Zen Cart, OpenCart, RBS Change, Oxid Eshop et Drupal Commerce).

(Pour le moment, l’étude est disponible en version courte (creative commons) et en version longue, en Anglais. Elle est en cours de traduction en Français, Espagnol et Allemand.)

De ce travail en étroite collaboration avec des intégrateurs, revendeurs, éditeurs, clients finaux ressort un certains nombre de feelings.  Voici donc ce que je ne peut écrire dans le livre, mais qui me trotte dans la tête, comme des pressentiments.

Les prochains rachats (probables) dans le e-Commerce

Ce ne sont que mes opinions et lubies mais voici ce que je pense qu’il va se passer dans le monde des frameworks & solutions e-commerce en terme de fusac, rachat, cessions, etc.

1° Pari : SAP va continuer à faire ses courses avec Fred Hopper et Fact Finder

Pourquoi Fred Hopper ?

Le mouvement du leader Allemand des ERP change beaucoup de chose. En achetant Hybris, il expose clairement sa stratégie, qui va (pour moi) se compléter d’autres achats et en premier lieu du searchandising / personnalisatoin  avec Fredhopper ou peut être Celebros. En effet, de l’analyse d’Hybris ressort un point clef, la perte d’Endeca est un coup majeur d’Oracle. Or la personnalisation est un point de plus en plus clef ou Hybris peut progresser.

La société éditrice de Fredhopper (SDL) pourrait palier à ce défaut. Que ce soit juste le produit FredHopper ou tout SDL, la cible est logique. Dans la même gamme mais en second choix d’acquisition pour SAP, je positionnerai Celebros.

SAP va probablement suivre la même voie qu’Oracle /ATG ou qu’IBM / WCS en complétant rapidement le lineup de technologies pour supporter Hybris avec des acquisitions ciblées.

Pourquoi Fact Finder ?

De la suite dans les idées ? Dans ce cas, il faut ajouter un moteur de recommandation pour jouer le rôle jusqu’au bout et placer Hybris dans le peloton de tête. Fact Finder est une société Allemande, donc déjà très proche intellectuellement et géographiquement de SAP et elle compléterai à merveille Hybris et une solution de searchandising telle que Celebros ou FredHopper.

Mon premier pari : SAP va racheter Fred Hopper et Fact Finder

2° pari : Ebay va racheter Intershop

Ça serait assez logique quand on y pense. Intershop est derrière GSI que possède eBay et le groupe possède déjà 27% d’Intershop.

Comme à l’époque de l’entrée en deux temps dans Magento, eBay pourrait prendre le contrôle total d’Intershop avec les 73% restants. L’action a pas mal baissé (-25% en un an et -4% aujourd’hui), les revenus et la rentabilité aussi, c’est donc un proie assez facile pour eBay qui ne manque pas de cash. De plus, cela consoliderai l’activité e-commerce d’Ebay avec une entrée dans le Tier 1 & 2.

Magento pour le petit, le moyen et le gros, Intershop pour les très grands. De plus, cela confortera GSI et mettra un pied à eBay au royaume du e-Commerce : l’Allemagne. Avec la montée des trublions comme Demandware et le positionnement de SAP dans le haut de gamme, eBay pourrait monter rapidement en puissance en vitaminant Intershop et Intershop qui manque de leadership dans le domaine en ce moment pourrait reprendre du poil de la bête. Faute de cela, SAP va concurrencer très sévèrement Intershop en Allemagne avec Hybris et saper ainsi les fondements de cette grande maison.

Une alliance logique, un rebond pour Intershop, une ascension dans le Tier 1 pour eBay afin de rester dans le jeu face aux autres puissances du e-Commerce et surtout d’Amazon. Avec ATG qui envoie ses cadres américains former des anciens de chez Pixmania pour faire une force de frappe locale et IBM qui prépare son retour sur le marché pendant que SAP annonce la couleur, Intershop ne peut plus rester isoler.

Levées de fonds dans le e-Commerce

3° pari : levée de fonds d’OpenCart

OpenCart est une solution technophile qui soulève en ce moment une belle communauté.

La direction n’est pas clairement affichée mais la société basée à Hong Kong présente des similitudes troublantes avec Magento à ses débuts. Fort momentum, soutient communautaire international, innovante et partageant le gâteau. Pourquoi ne pas envisager le même destin que pour les Californiens avec une belle levée de fonds pour lancer la machine à une autre échelle ? Ticket estimé ? 1 à 2 Millions d’euros.

4° pari : Séparation de RBS & Change et levée de fonds pour Change

Change ne peut s’envoler aux côtés de RBS. Certes RBS finance Change mais la société a aussi une activité d’intégration qui nuit à la neutralité de l’éditeur qu’est Change. Par ailleurs et même au dela de ce point marginal, rien n’est logique dans le fait que Change soit dans le giron de RBS. La société peut lever des fonds pour se développer, c’est une rolls technologique, mais le soucis de Change n’est pas là, c’est le leadership en marketing et en communication qui fait encore défaut à cet acteur qui a presque tout le reste.

Mais pour lever des fonds et surtout pour qu’ils restent dans la société pour son développement plutôt que pour payer une sortie des actionnaires de RBS, il faut un montage intelligent avec des payements à terme, au moment du big checkout plutôt que maintenant. Ticket estimé ? 3 à 5 millions d’euros.

La conversion de business model

5° pari : du SaaS pour Drupal Commerce

Drupal Commerce fait débat sur le niveau d’adoption réel sur le marché. Nous échangeons avec Frédéric Plais sur ce sujet actuellement mais quoiqu’il en soit, le départ est un succès avec l’adoption de grands comptes et une adhésion d’une partie de la puissante communauté Drupal. Mais justement, que faut il pour imaginer un décollage majeur ?

Le marché des frameworks d’intégration est déjà bien remplit. Il se peut qu’il reste de la place, mais où ? En High end ? La place est déjà bien occupé par Magento, RBS Change a plus d’atout pour couvrir un compte multi canal et Hybris & IBM veulent descendre dans cette zone.

Dans le marché des plus petits sites ? Difficile de faire concurrence à Prestashop sur ce segment, alors que le leader lui même tente de se trouver un modèle explosif qu’il n’a pas encore pu valider.

Alors le middle end ? Ni gros, ni petit ? Difficile et trop étroit comme segment. Reste la possibilité d’un SaaS.

Drupal est parfaitement adapté de part sa structure technologique à ce type d’activité et cela deviendrait facilement un acteur majeur dans le segment des pur players, tout en pouvant également proposer le CMS, là ou beaucoup de SaaS e-Commerce pêche justement. Cela parait assez logique non, d’autant plus qu’il y a déjà un embryon dans ce sens, qui semble convaincre les développeurs.

6° pari : du (vrai) SaaS pour Prestashop

Une direction vers une offre business en SaaS pour Prestashop semble aussi logique. Bien que le chemin soit plus long à parcourir que pour Drupal Commerce, la solution est technologiquement plus mature et complète en terme de fonctionnalités. Un SaaS avec un modèle agressif et disruptif pourrait balayer un grand nombre de concurrents moins bien équipé et moins fonctionnel. La solution pourrait enfin trouver un moyen de faire de l’argent sur ce segment du Tier 4 qui a peu de budget et préfère payer “si ça marche”.

Un modèle au payement par transaction (n € ou centime d’€ par commande) ou un modèle où les partenaires technologiques payerait pourrait donc affranchir le marchand de payer directement de sa poche et ainsi conquérir des centaines de milliers de boutiques, voir de convertir une part non négligeable de son parc actuel d’utilisateurs.

La solution demanderai un gros travail d’adaptation pour un usage en SaaS mais la perspective me semble logique et surtout elle pourrait avoir un potentiel financier redoutable. Car même avec 100 000 “petits clients”, si chacun ne faisait “qu’une” transaction par jour, on parlerait de prêt de 40 millions de transactions annuelles, largement de quoi vivre à 1€ / commande de facturation du service… L’éditeur à déjà Prestabox, mais là on parlerai d’un vrai full modèle SaaS à la Oxatis ou PowerBoutique.

Tendances globales

Tendances PHP

On voit beaucoup de mouvements de fonds dans ces technologies qui reposent énormément sur l’opensource et des composants tiers. Ces fameux composants ont une forte tendance à évoluer très rapidement et les frameworks ne peuvent pas toujours suivre le rythme. Par principe, ils choisissent donc des tendances profondes, des frameworks à très fort potentiel car ils vont les garder plusieurs années avant une refonte majeure.

Par exemple, Magento avait misé sur Prototype à l’époque ou Jquery et Prototype se faisait concurrence. De nous jours, Jquery a assez clairement remporté la mise. Qu’attendre donc de ces nouvelles générations qui arrivent ? (Magento 2, Drupal Commerce 2, RBS Change V4, Prestashop 2, etc.)

La tendance moyenne est à l’adoption de ces quatre composants :

  • Twitter bootstrap pour la mobilité et le responsive design
  • Twig pour le moteur de templating
  • Nosql/SQLite/MongoDB il s’agit ici plus de compatibilité avec ces DB en plus de MySQL qu’une réelle adoption d’un nouveau standard (à part pour NoSQL)
  • Nouvelles génération de librairies Javascript (post Jquery) comme AngularJS, nodeJS, Lungo ou neo4j
  • Symfony : C’est une tendance profonde, on la retrouve dans de très nombreux logiciels récents, Symfony est plus qu’en vogue, c’est un raz de marée

Tendances Java

Chez les Java, c’est plus complexe. Etant donné que les technologies sont propriétaires et close source, peu adoptent des composants Opensource ou au compte-goutte. Il n’y a donc pas de réelle tendance (hormis ci-dessous) si ce n’est le fait que quasi tous les éditeurs Java proposent un support de l’IDE Eclipse.

Tous en RESTful

RESTful webservice : Chez (presque) tous les acteurs on apprécie une orientation REST du coté des webservices, au détriment du propriétaire ou du SOAP, ce qui préfigure d’une harmonisation forte dans ce sens.

Conclusion

Voila mes 6 paris sur l’avenir des solutions e-Commerce, je me mouille et ces paris n’engagent que moi. (je vais peut être me planter généreusement, ne manquez pas de me le rappeler dans ce cas)

Ne misez pas l’argent des études des enfants sur ces conseils, mais moi, je vais de ce pas acheter des actions Intershop avant l’OPA d’eBay !

5 Comments

  1. Pingback: 6 paris sur l'avenir des solutions e-Commerce |...

  2. Merci pour cette vision prospective du marché des plateformes e-commerce. En plus on de cela, on peut ajouter toutes les petites solutions open source (comme Spip + Thelia) ou encore les systèmes propriétaires en mode Saas depuis leurs débuts (Oxatis, E-Majine, Kiubi…) dont certains alimentent des boutiques qui brassent des volumes non négligeables…

    • oui, il y a deux talentueux aussi que je ne vois pas passer deux ans sans se faire racheter : Shopping Flux et Shopping Mail. Ces deux là sont trop bien placé, conçus et visibles pour qu’un gros ne leur mette pas la main dessus.

  3. Bonjour,

    Merci pour cet article très intéressant. La version English est disponible que quel lien svp ?

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