Interviews, Solutions E-commerce — 08/06/2012 at 10:42

Interview de Drupal Commerce

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Interview de Luc Byhet, Marketing & Innovation Manager chez Commerce Guys

  • Quelle est, en moyenne, l’envergure et la taille des projets e-Commerce réalisés avec Drupal Commerce ?

Pour l’immense majorité de nos clients, la plateforme E-Commerce est un investissement permanent, avec des évolutions régulières pour rester compétitif: hors de question de développer un site et de le laisser dans son coin quelques années sans le faire évoluer.

Certains projets sont des évolutions de sites existants, d’autres sont des nouveaux sites, d’autres des projets de transformation de plateformes déjà existantes.

Selon les contextes et les niveaux de complexité, l’envergure des projets varie du nouveau site de E-Commerce de niche avec quelques produits, développé en quelque semaines par une personne, au projet de plusieurs millions d’euros développé par plusieurs prestataires pour un client qui veut migrer plusieurs sites vers une plateforme commune destinée à vendre dans plusieurs pays des assortiments de produits avec de nombreuses variations.

Certains projets durent quelque semaines (quand il s’agit juste d’étendre un site existant avec quelques fonctions E-Commerce), la plupart prennent quelque mois, d’autres plusieurs années.

  • A combien d’euros, en moyenne, s’évalue un projet sur Drupal Commerce ?

La nature réellement open source de Drupal Commerce ne nous permet pas d’avoir une vue sur la valeur moyenne de tous les projets impliquant Drupal Commerce. Cela dit on a quelques conjectures sur le sujet:

Environ 72% des projets ont un budget se situant en dessous des 100K€, avec beaucoup de tout petits projets, petits sites de E-Commerce ou projets d’ajout des fonctions E-Commerce à un site Drupal existant.

Environ 22% sont entre 100 et 500K€, on trouve ici de nombreux projets ambitieux avec des nouveaux sites.

Environ 6% sont au-delà des 500K€, ce sont en général des grands projets de transformation de sites existants (re-platformisation vers Drupal Commerce) et/ou des projets impliquant une intégration approfondie d’applications métier.

En tant que Commerce Guys on passe beaucoup de temps sur les 6% au-delà de 500K, en partenariat avec de gros intégrateurs tels que Cap Gemini ou Publicis Modem.

  • Comment vous distinguez-vous de vos concurrents principaux ?

Plus d’open source: une vraie communauté, mondiale, répartie, qui permet à quiconque de contribuer, pas de distinction entre une version payante et une version libre: tout le monde peut tirer parti de toute la puissance de Drupal Commerce.

Un plus grand écosystème: on tire parti tant de l’écosystème Drupal (plusieurs centaines de sociétés spécialisées dans le monde) que de notre propre écosystème, qui comprend des intégrateurs majeurs tels que Cap Gemini et Publicis Modem.

Une couverture réellement mondiale, pas juste francophone, germanique ou nord-américaine.

Plus de modularité: on tire parti des milliers des modules de Drupal et des centaines de modules Drupal Commerce.

La capacité d’implémenter des modèles innovants: on n’impose pas une façon particulière de faire du E-Commerce. Les utilisateurs peuvent innover à tous les niveaux.

  • Quelles sont les futures évolutions techniques et fonctionnelles prévues pour améliorer Drupal Commerce ?

Plusieurs évolutions sont à l’étude:

-          Un “Reference Store” destiné à accélérer les projets et réduire les risques

-          Plusieurs évolutions pour les appareils mobiles

-          Une gestion des stocks améliorée

-          La personnalisation tenant compte du contexte client (context-aware commerce).

  • Que pensez-vous du paysage E-commerce français actuel ?

Sur le plan du rapport des acteurs de l’E-commerce avec leurs solutions, beaucoup sont encore dépendants des technologies du début des années 2000 et relativement peu ont pris le virage de l’open source, dont les solutions E-Commerce ne sont réellement devenues compétitives qu’aux alentours de 2008.

Sur le plan des solutions Open Source, beaucoup de bruit est fait autour de PrestaShop et de Magento, sans que ce soit toujours mérité: PrestaShop est une solution franco-française qui innove peu et n’a pas la capacité de toucher des E-commercants majeurs. Si quelque grandes marques ont misé sur PrestaShop, ce ne sont jamais de grands E-commerçants. Pour ce qui est de Magento, son écosystème français est toujours conséquent, mais le doute sur l’avenir de la solution a semé le trouble ces derniers mois. On voit aussi quelques acteurs régionaux tels que RBS émerger, sans que l’on soit jamais en concurrence avec eux.

Pour ce qui est des solutions propriétaires, pour ce qui est de la France, c’est le désert: on a presque le sentiment que les solutions sur mesures et Open Source ont remporté la bataille et que la France ne reviendra pas en arrière sur ce point.

  • Quels sont pour vous les enjeux à venir pour le E-commerce au niveau mondial ?

L’internationalisation, la mobilité et le context-aware E-commerce va structurer les années à venir.

L’internationalisation parce que de plus en plus d’acteurs régionaux s’internationalisent. On le voit avec des acteurs tels qu’Otto, Net-a-Porter ou Rakuten: les grands du E-Commerce ne viennent plus systématiquement des Etats-Unis. Drupal Commerce gère extrêmement bien la création de sites internationaux, avec une grande flexibilité sur les langages, la localisation, la gestion des devises et systèmes de paiement régionaux.

La mobilité et le multi-device parce que le mobile sera d’ici peu le standard pour accéder à Internet. Sur ce point Drupal était un peu en retrait mais ces derniers mois la communauté a réagi plus que promptement et les possibilités se sont démultipliées pour permettre à Drupal de présenter des sites sur appareils mobiles, et d’interfacer avec des applications mobiles.

Le context-aware E-commerce parce que la mobilité grandissante des internautes et les informations que l’on a sur eux, permettent désormais de personnaliser le E-Commerce en fonction du contexte du client, en temps réel. On travaille déjà sur ce point. 

Drupal Commerce se différencie des concurrents en ayant fait le choix d’être une brique E-commerce avec comme idée directrice de construire un site à partir d’une base déjà très connue (le CMS Drupal) à l’inverse de toutes les autres solutions du marché.

6 Comments

  1. “Pour ce qui est des solutions propriétaires, pour ce qui est de la France, c’est le désert: on a presque le sentiment que les solutions sur mesures et Open Source ont remporté la bataille et que la France ne reviendra pas en arrière sur ce point.”

    C’est de la méthode coué?

    On aimerait bien sûr que ce soit le cas. Mais c’est très loin d’être vrai. Sur le segment qui intéresse Commerce Guys (les fameux projets > 500k€), les solutions propriétaires reviennent en force depuis une petite dizaine de mois.

    Des solutions comme Hybris ou Intershop recommencent à séduire les décideurs déçus des solutions vieillissantes d’IBM ou de Microsoft et pas encore prêts à franchir le cap de l’open source.

    Si dans le domaine de la gestion de contenus, plus personne ne se pose la question, la bataille de l’open source est encore loin d’être gagnée dans le e-commerce.

    Pourtant les solutions sont la. Drupal Commerce, Magento et Change sont des outils désormais matures et qui n’ont pas à rougir face à leurs concurrents propriétaires lorsqu’il s’agit d’adresser de grands projets. Pas de débat la dessus.

    Mais attention tout de même à ne pas trop sous-estimer la concurrence propriétaire sur le marché français. Elle est bien présente et plutôt bien portante ces derniers temps…

    Et ce ne sont pas les “grands intégrateurs” que vous citez qui me contrediront… ;)

    • Je partage ton point de vue Frédéric.
      C’est une interview donc c’est le point de vue de l’éditeur et l’Opensource est fort en France, mais clairement Hybris est là et bien là et c’est une solution qui trouve écho chez certains grands comptes.

      D’une manière général, les Java se prêtent bien aux grosses volumétries et son malheureusement propriétaires plutôt qu’Opensource. Ceci étant, ils ne sont pas légion non plus. Tu cites Hybris et Intershop (peu implanté en France ceci dit) et il reste Microsoft Commerce Server (marginal) et Websphere commerce (qui ne convainc pas non plus), mais à ma connaissance, c’est à peu prêt tout.

  2. Pingback: Interview de Drupal Commerce | Ecommerce Squad : le Ecommerce, coté technique | eCommerce Lab | Scoop.it

  3. Je suis très surpris que Commerce Guys annonce des projets à 500K et au-delà…

    Quelles sont ces fameuses références?

    • Bonjour Axel,

      Je ne sais pas pour le moment, les meilleures personnes pour répondre, ça reste Commerce Guys.
      J’ai demandé à l’équipe de passer répondre dans les comments de l’article.

  4. En terme de grands projets, il y a Royal Mail (UK) qui utilise Drupal Commerce, en configuration web services, pour faire fonctionner la majeure partie de ses site de E-Commerce. En France on compte plusieurs clients dans le domaine du luxe, et qui ne nous permettent pas, comme c’est d’usage dans le secteur, de communiquer sur leur nom. Aux Etats-Unis plusieurs projets sont en cours dans le domaine des produits de grande consommation.

    Il ne faut pas oublier que 500K reste encore une fourchette relativement basse dans le monde du E-Commerce. Les projets en “one shot” sont certes légion en France, avec en ligne de mire la volonté de “faire un site”, sans aller plus loin, mais les pure players et les marques majeures dépensent en général beaucoup, beaucoup plus que cela, en particulier quand leur activité est internationale.

    Ce type de projet nous aide à grandir, l’ampleur des dépenses et la spécificité de ces projets nous a permis d’améliorer Drupal Commerce. On oublie pas pour autant les projets de moindre ampleur, tel que la startup hyper-locale Fooda, qui a fait appel à nos services aux Etats-Unis.

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