Magento, Solutions E-commerce — 19/03/2012 at 18:41

Magento, le leader des solutions E-commerce

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Etude de Magento

Cet article fait partie de notre étude “Le livre blanc des solutions E-commerce“.
(Aucune reproduction n’est autorisé sur un support tiers sans l’accord des auteurs)

Solution E-commerce la plus en vue du moment, Magento s’est imposé comme LA référence absolue en très peu de temps. Quelles sont les clés de sa réussite ? Pourquoi un tel engouement autour de cette solution ?

En tant qu’expert de la solution et fondateur de la communauté Magento francophone, NBS System vous livre les secrets de la solution, ses forces, faiblesses ainsi que tous ses détails techniques et fonctionnels permettant de comprendre le profil de la solution.

Bonne lecture et à très bientôt pour l’analyse d’une autre solution ;)

Les points-clés de Magento

MAGENTO
Taille : environ 300 personnes
CA 2011 : inconnu, estimé à 30 M$
Business model : licences avec support, conseil, market place d’applications
Cout des licences : 3000$ /an (PE – pro edition) et 13000$ / an (EE – enterprise edition) par serveur
Technologie : PHP 5 (objet)
Framework : Zend
Base de données : MySQL
Version (à la date de l’étude) : 1.6.2 en Community Edition, 1.11 en Enterprise Edition
Licence : Opensource, OSL v3*
Date de la première sortie : 2008
Origine : Etats-Unis
Budget de réalisation d’un site (bas/moyen/haut) : 10 k€ / 40 K€ / 150 K€

Historique de Magento

Les deux fondateurs de Magento, Roy Rubin et Yoav Kutner, Israéliens d’origine et installés à Los Angeles, ont réussi un exploit. Après seulement 3 ans et demi sur le marché, leur produit est non seulement le leader des frameworks d’intégration dans le monde du e-Commerce mais leur société a été rachetée par eBay pour 180 Millions de dollars. 

A ce jour, peu de personnes ou de logiciels peuvent se targuer d’un tel parcours, aussi rapide de surcroît. Avec 20% de parts de marché dans le monde des solutions e-Commerce, un site sur 5 est maintenant développé atour de l’écosystème Magento. De plus, leur parcours fantastique a inspiré et redynamisé le milieu des frameworks E-commerce, donnant à de nombreux acteurs l’envie de se lancer ou de grandir.

Il faut dire qu’en 2008, lorsque Magento sort de l’ombre, aucun framework n’était réellement prêt à prendre la relève du moribond OsCommerce. De nos jours, si l’on utilise un Google Dork, que l’on croise l’information avec le nombre de licences Enterprise Edition (EE) vendues et quelques sources du Web, on approcherait les ~80 à 120 000 sites en production sous Magento, dont quelques milliers en version Enterprise. La communauté qui a porté Magento (en Europe principalement) a aidé au succès du Framework. Entre les milliers de modules, les supports Web (forums, blogs, etc.), les évènements et surtout l’implication personnelle, avisée et infaillible des deux têtes de la société, la spirale du succès s’est très vite mise en route.

Position sur le marché des solutions e-Commerce

Magento est à ce jour un incontestable leader des segments low & mid market (Tiers 1 à 3), dont le rachat par Ebay conforte la position. Bien que le géant n’ait jamais été un éditeur de logiciel, il semble que la stratégie globale de celui-ci ait tout intérêt à ce que Magento continue à être une entité « indépendante », à ce que le produit reste en Opensource et avec une version gratuite.

Pourquoi Magento s’est imposé si vite ?

Magento possède le Backoffice le plus complet du marché (ou en tout cas l’a longtemps possédé) et cela a pris entre deux et trois ans à ses concurrents pour se rapprocher de la liste de fonctionnalités. Une éternité dans le monde d’Internet… Non seulement Magento a mis sur le marché un produit d’une rare complétude mais en plus il innove en continu.

La plupart de ses concurrents, comme PrestaShop, n’ont pu que suivre et ceux déjà sur le marché, comme OXID eShop, ont dû s’adapter au rythme effréné imposé par le nouveau leader. Avec une vision claire du marché, Magento a redéfinit le contour des besoins des e-Commerçants au point que le mot « Magento » est plus recherché sur Google que « Ecommerce », depuis 2009 !

L’implication infaillible de ses leaders Roy & Yoav, qui avec leurs déplacements à tous les évènements dans le monde, ont dû cumuler assez de miles pour faire Los Angeles-la Lune gratuitement, a aussi fortement aidé à développer la communauté. Celle-ci porte maintenant le produit, la bonne parole et prêche sans relâche auprès des clients.

Au final, les clients ont fini par demander un site Magento plutôt qu’un site e-Commerce, le leadership était fait. Il est vrai que la couverture fonctionnelle est tellement abouti que ça en donne le tournis et ce, dès les premières versions. Depuis, dès qu’une nouveauté apparaît ou est souhaité, elle est dans la roadmap du produit et sur le marché dans la foulée ! Et voilà comment le nouveau leader l’est devenu si rapidement.

Gamme et produit

La gamme de Magento se compose de 3 produits d’intégration, les versions CE, PE et EE, pour Community Edition, Professional Edition et Enterprise Edition. Ensuite vient un produit SaaS « grand public », Magento Go. Les versions se différencient par plusieurs aspects. Toutes sont construites « au-dessus » de la CE. La version PE, qui n’a pas réellement trouvé son public du reste, ni même l’amour de son propre éditeur, semble en voie de disparition. Elle contient quelques outils et fonctions supplémentaires par rapport à la version CE mais pas de support de l’éditeur.

La version EE ainsi que sa grande sœur la version premium, permettent d’ajouter un panel important de fonctionnalités. On en retrouve la plus grande partie dans les modules communautaires mais les fonctionnalités faites par l’éditeur sont plus « natives » et offrent la garantie de la pérennité entre les versions. De plus, ces deux versions offrent un accès au support de l’éditeur.

Le support a été le grand drame de Magento dans sa version Enterprise. Il était vendu mais n’était pas présent. L’éditeur s’est abrité derrière sa croissance endiablée pour se faire excuser son manque de réactivité mais un site e-Commerce ne peut pas attendre. Après la création, notamment en France, d’un groupe des utilisateurs de l’Enterprise Edition pour faire pression (le CUMEF), et l’envoie de nombreuses plaintes, l’éditeur a dû revoir sa politique.

Afin de palier à ce déficit très largement décrié, Magento a décidé de mettre l’accent sur ce point, investissant dans un processus plus efficace, plus de staff et un responsable de plus large gabarit afin que ces jours noirs soient derrière l’éditeur le plus vite possible. À ce jour, les résultats ne semblent pas encore satisfaisants sur ce point mais Magento à une aiguë conscience que ce point nécessite une amélioration drastique et ne relâchera probablement pas son effort sur le sujet.

Dans ce parcours quasi impeccable, il reste un autre point qui a souffert : le mobile. Après avoir été à la pointe, avec une avance prononcée sur ces concurrents, Magento a réveillé ses compétiteurs sur ce sujet, qui se sont mis à la tâche. Le souci, c’est que dans l’intervalle, Magento a perdu son responsable de la gamme qui est parti chez Google. Même s’il est toujours flatteur de se faire prendre du staff par Google, cela a posé problème.

L’éditeur n’a pas repris le flambeau pour le moment et ses concurrents font un travail plus abouti. Bien sûr, au final, un produit mobile, c’est un skin CSS et une mise en page avec une navigation optimisée, donc largement faisable en intégration. Mais cela reste plus rapide à mettre en place et agréable quand le produit est bien fait. Il reste maintenant à couvrir le retard par Magento, ce qui doit déjà être en route avec les moyens dont dispose maintenant la société et au pire cas, Ebay a surement un produit en portefeuille ou une acquisition en vue pour le faire.

Le Framework

En ce qui concerne le Framework en lui-même, c’est un des plus rigoureux et des plus exigeants du marché. Magento repose sur Zend, ce qui s’explique en partie par la proximité de Yoav (le Directeur Technique) avec Zeev Suraski et Andy Gutman, les créateurs de PHP et fondateurs de Zend.

L’avantage de reposer sur un Framework, c’est que l’industrialisation du code est possible et que l’éditeur n’a pas tout à faire. L’abstraction et les classes et objets fournis par le framework permettent de passer à l’étape suivante. C’est un des secrets de la réussite de Magento, le problème à l’inverse, c’est que ça rend l’accessibilité du Méta-Framework (Magento est un Framework au-dessus de Zend, donc un Meta-Framework) très limité.

En effet, tout développeur ou hébergeur s’étant frotté à Magento pourra vous expliquer à quel point Magento n’est pas fait pour les amateurs. C’est d’ailleurs un reproche que l’on peut formuler à l’éditeur quelque part. Faire un Framework accessible uniquement par 10% des développeurs, c’est soit se fermer le marché, soit avoir la certitude que beaucoup de sites ne seront pas optimaux. Rien à dire sur le fond, le code est globalement propre, l’architecture très bien conçue, mais Yoav et son équipe ne sont pas exactement les développeurs que l’on trouve sur le marché…

Au final, avec la vague d’engouement, tout le monde s’est mis à Magento. Mais à peine une dizaine de web agency (en France) maîtrisent réellement les arcanes de ce produit. Tout le monde pratique des prix à la hausse, arguant que le framework est complexe mais peu dispose des réelles compétences, alors beaucoup de sociétés souffrent d’un mauvais premier site, ayant lésiné sur les moyens pour se payer les experts du milieu, qui sont très occupés

Et oui, Magento est très efficace et complet, mais oui aussi, il nécessite d’avoir un traitement d’expert. Il est impossible d’avoir un bon site Magento sans avoir une équipe d’expert de cet outil. Et pas de prétendus experts ou de personnes faisant plus de publicité que les autres, de vrais spécialistes avec expérience et méthode sont requis. Tous les premiers sites, de toutes les Web agencies, ont été des échecs à divers degrés. L’expérience et la réputation font maintenant la différence, l’éditeur a aussi compris que l’éducation était une clef de réussite, ainsi que la simplification, deux axes sur lequel il travaille.

Et en dehors de nombreuses innovations, Magento 2 apportera aussi cela, plus de simplicité et rationalité. Au-delà de cette meilleure accessibilité, Magento 2 donne aussi des signes d’ouverture vers les grands comptes : support d’Oracle et Microsoft SQL server, du Web service tous azimuts avec beaucoup de nouvelles méthodes en Soap, rest, Json, XML-rpc, du test unitaire, le passage à Jquery, de la vue modulaire, et beaucoup de nouveautés. Le tout devrait apporter également 10 à 20% d’amélioration des performances et une documentation complète (enfin !). Par contre, la migration vers cette version totalement réécrite ne sera pas possible, pas de compatibilité ascendante, il faudra refaire de large pan de son site et ré-écrire une bonne partie des extensions.

Une année 2012 placée sous le signe de la course

En 2012, avec l’arrivée de Prestashop, RBS, Drupal et OXID eShop, le roi Magento va avoir une année des plus soutenue. Paré au combat avec une réputation, une communauté, des fonds et des idées, une nouvelle version au quatrième trimestre 2012, Magento a les moyens de tenir son rang sur le low et mid market. Ça sera plus dur, intrinsèquement sur le segment du high et du very high market.

En effet, les produits en PHP ne peuvent pas réellement fournir les atouts indispensables aux clients qui évoluent sur la tranche des 10 à 100 M€ de CA en ligne, contrairement aux produits Java. Et pourtant, c’est une niche prioritaire pour l’éditeur où il n’est pas présent et même rarement convié dans la réflexion. Gageons que Magento 2 va tenter de corriger un grand nombre de limitations qui l’empêche d’accéder à ce segment et souhaitons tout le meilleur à cet éditeur qui a révolutionné le milieu.

Les forces et faiblesses de Magento

Les plus
+      Un produit pérenne et évoluant rapidement
+      Solution mature avec une très grande richesse fonctionnelle
+      Un standard du marché, soutenu par un géant (Ebay) et une forte communauté

 

Les moins
-      Un framework très complexe à maîtriser, demandant une réelle expertise, avec peu de développeurs et agences réellement à même de le maitriser en réalité
-      Un support entreprise insuffisant en terme de réactivité et de solutions
-      Un webservice très insuffisant et très lent, un CMS trop léger

 

Tableau de synthèse des performances de Magento

Coût
 
Mobile
Nombre de développeur sur le marché
Webservice
Facilité d’usage du Backoffice
Maturité technique
Communauté
Couverture fonctionnelle
Rapidité de la solution (Site Web)
Rapidité de la solution (Backoffice)
Difficulté de prise en main développeur

Analyse graphique de Magento

Conclusion : Magento pour quel site ?

Roi actuel du “mid-market”, Magento est parfaitement à l’aise sur le marché Tiers 1 & 2 et vise de plus en plus le Tiers 3. Avec une gamme large allant de Go pour les petits E-commerçants (ou vitrine d’un commerce Physique) jusqu’à la version Enterprise Edition, Magento couvre un grand spectre. Adossé à Ebay, la solution va gagner en momentum, à n’en pas douter.

Magento reste cependant un Framework complexe (en dehors de Go qui est en SaaS), qui requiert une équipe experte. Le low cost n’est donc pas de mise, cela mène toujours à un drame en terme d’intégration et de performances. Fort d’une communauté très active et de milliers d’extension, Magento est l’actuel maître du Tiers 2, que vont tenter de déloger ses petits camarades PHP comme Drupal, Oxid et Prestashop.

Magento s’adapte donc très bien à un site dont le budget va de 15 à 100 000 €, pour un CA réalisé en ligne de 300 K€ à 5 ou 10 M€. Après, des difficultés d’exploitations liées aux frameworks PHP (notamment les accès concourant au back office) vont se faire sentir à plein, tout comme le besoin de puissance et la limite en nombre de SKU (articles en base de données) qui reste cependant très élevée (~15 Millions). Attention, Magento va passer en version 2 en fin d’année, il est donc recommandé d’attendre si vous envisager votre projet pour le T3 ou T4 car le framework 2.0 ne sera pas rétro compatible. En dessous de 10 000 € de budget, vous allez probablement tomber sur une société qui offshore son développement, ce qui se passe en général mal, il vaut mieux aller sur un Framework où les développements sont moins onéreux comme Prestashop.

Malgré la volonté de l’éditeur d’enmener son logiciel sur le Tiers 3, notamment avec la version 2 de Magento, de nombreux soucis structurels risquent de limiter cette volonté.

4 Comments

  1. Pingback: Ecommerce Squad : le Ecommerce, coté technique – XCommerce

  2. Mais comment atteignez-vous des sommes pareilles sans même inclure le budget marketing??
    Excusez mon inexpérience mais pourriez-vous donner le détail d’un devis magento à 50 000€ svp.
    Car pour les non initiés c’est difficile à comprendre vu que magento est gratuit et très complet (enfin je croyais).
    Merci

    • En fait, nous ne sommes pas nous mêmes des intégrateurs, il nous est donc impossible de vous fournir un devis. Ceci étant, nous travaillons avec ~35 agences et beaucoup de projets sont effectivement assez couteux. Le montant de 50 K€ n’est pas précisé de mémoire dans l’article, nous parlons de 10 / 40 /150 K€ pour les montants bas / moyens et haut. Vous pouvez donc tout à fait réaliser un projet à 10 voir 6 K€.

      Pourquoi certain dépenses plus alors ? Car Magento, aussi puissant soit il, nécessite de la customisation lorsque l’on souhaite avoir un site “sur mesures”. Et là, c’est plus complexe car le framework lui même est complexe. Donc entre la forte demande, la technicité élevée du produit et les intégrations complexe, le tarif jour/homme des spécialistes s’envole. Sur certains framework, mettre un bloc à droite prends 1 j/h, sous Magento, cela peut en prendre 3. Non que le framework soit mal fait, mais il est plus complet, plus complexe et plus stricte que beaucoup.

      Ensuite, Magento attire des marques, des enseignes et donc des sites générant pas mal de CA, qui ont un besoin d’intégration et de spécialisation plus élevé que sous Prestashop ou Oxid par exemple. Cela fait donc monter le tarif du devis moyen. Beaucoup de clients ne demandent pas que la stricte intégration mais des services connexes (imports, interfaçage avec le SI, etc.)

      Se dire que Magento est un produit low cost, facile à intégrer qui fait déjà tout tout seul et qu’avec quelques centaines d’euros (ou quelques heures de travail) on fera le reste est dangereux, ce n’est pas le positionnement du produit, ni son but d’ailleurs.

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