Solutions E-commerce — 24/03/2012 at 16:14

PrestaShop : être calife à la place du calife

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Analyse complète de PrestaShop

Cet article fait partie de notre étude “Le livre blanc des solutions E-commerce“.
(Aucune reproduction n’est autorisé sur un support tiers sans l’accord des auteurs)

PrestaShop est sans aucun doute la solution E-commerce la plus visible du moment avec Magento. D’origine française, l’éditeur fait beaucoup de bruit dans son pays natal et s’efforce d’étendre l’utilisation de la solution à l’international. Le Barcamp PrestaShop de New York est la preuve de cette volonté internationale. Prestashop est le roi du Tiers 1 et vise à s’imposer sur le Tiers 2, à la course contre Oxid, Drupal, RBS et Magento, c’est un pari difficile mais indispensable.

En effet, le Tiers 1 peut rapporter beaucoup vu le nombre de sites Prestashop, si le business model était tourné en ce sens, ce qui n’est pas le cas pour le moment.

L’objectif de PrestaShop est de concurrencer constamment la solution leader Magento. Pour ce faire, PrestaShop s’est donné les moyens en termes de marketing et communication : recrutement de community manager, présence sur tous les événements E-commerce avec des stands gigantesques, refonte de leur site web, organisation d’événements…PrestaShop veut grandir et gommer son image de “solution E-commerce pour les petits”.

Les points clés de PrestaShop

PrestaShop
Taille :  environ 60 personnes
CA 2011 : Non communiqué, estimé à 2,5 M€
Business model : support et marketplace de modules
Coût des licences : gratuit
Technologie : PHP 5 (objet)
Framework : aucun
Base de données : MySQL
Version à la date de l’étude : 1.4.6.2
Licence : Opensource, OSL v3
Date de la première sortie : 2005
Origine : française
Budget de réalisation d’un site (bas/moyen/haut): 3 k€ / 15 K€ / 40 K€

PrestaShop, le “petit” du E-commerce ?

Prestashop est un produit très répandu sur le marché français. C’est une solution qui a revu son organisation et ses ambitions très radicalement en 2010  avec l’arrivée de Christophe Cremer à sa tête. La solution est simple de prise en main, que ce soit pour les développeurs ou les marchands. Cette simplicité et cette accessibilité l’a parfois faite passer pour la solution “des petits”, réputation probablement injustifiée mais persistante.

La cause de cette réputation est également le fait des intégrateurs qui ne peuvent pas trouver “de gros budgets” avec Prestashop. La solution étant rapide à intégrer, les licences gratuites, l’intérêt des gros intégrateurs n’a donc pas été au rendez-vous.

Pour ce qui est de paramètres plus objectifs, le manque de cache en fait une solution qui ne peut pas réellement prétendre au traitement de pics de trafic ou aux gros volumes de visiteurs. Quelques parties du code sont parfois fonctionnelles mais un peu inélégantes en termes de qualité, reflet de la rapidité avec laquelle PrestaShop a rattrapé son retard sur les leaders, mais sincèrement, très peu n’ont pas de zones grises.

Sans se positionner en “Meta framework” (être un framework de E-commerce au-dessus d’un framework de code (comme Zend ou Symphony)), il est difficile de maintenir de bonnes librairies de fonctions “haut niveau”. Or, pour les intégrateurs, il est important de factoriser et rationaliser le code afin de faciliter le développement et la maintenance.

Le bon côté étant que la solution est un peu plus légère que ses concurrentes et qu’il est aussi souvent plus facile de rentrer dans le code de Prestashop plutôt que dans celui de Magento ou d’Oxid. Là encore, l’absence de systèmes de cache peut s’expliquer car Magento, par exemple, repose sur ceux de Zend alors que Prestashop devra construire les siens de zéro.

L’arrivée tardive du multi-boutiques et de la navigation à facettes a également fait prendre du retard à PrestaShop et poussé l’image du produit “pour petits sites”. Bien sûr, PrestaShop corrige tout cela rapidement et, notamment ces points devraient se voir adresser dans les 3 à 6 mois à venir ou le sont déjà pour certain (multi-boutique notamment).

La politique de l’éditeur de progresser avec la demande de ses clients fait de PrestaShop un produit très pragmatique et l’éditeur a toujours suivi de prêt ses clients pilotes qui l’ont fait progresser, volonté du très méticuleux fondateur Bruno Levêque.

La partie technique évolue sans cesse

Au chapitre de la technique, un système en PHP objet très lisible et simple d’accès. Le webservice est un des plus développés du marché avec un nombre de fonctions tout simplement inédit et constamment enrichit. L’application mobile est là encore une clef de succès avec un résultat pour le moment parmi les plus convaincants du marché. Le produit va intégrer, à partir  de la version 1.5, le système de tests unitaires.

Le code est léger, la liste de fonctionnalités très poussée, avec quelques systèmes uniques à Prestashop, comme l’assurance panier ou l’application de manipulation du catalogue avec un applicatif « classique » (en C), qui permet de gagner beaucoup de temps en éditant son catalogue Offline avec une application rapide avant de le resynchroniser par Webservice.

Comme toutes les solutions PHP based, PrestaShop ne peut pas toucher les très grands (réalisant plusieurs dizaines ou centaines de Millions € en ligne) car, au-delà du défi technique, seules les solutions en langages compilés (java) arrivent à tenir la charge de nombreux connectés au backoffice et une progression linéaire des performances.

Quel est l’avenir de PrestaShop ?

Alors, que manque-t-il alors à Prestashop pour prendre son envol vers le Mid-market ? (Tiers 2)

Quelques gros intégrateurs adoptant la solution comme une possibilité de tenir leurs deadlines et garantir leurs marges sur les projets en évitant les dérapages de plannings, si fréquents chez d’autres frameworks. Il faut également une optique de rentabilité de l’éditeur avec l’établissement d’un business model clair, profitable pour la société et ses partenaires. Cela rassurera les marchands adoptant la solution car elle sera pérenne uniquement à ce prix. Enfin, les grands attirant les grands, les références feront la différence.

Si Prestashop parvient à signer un site « moyen porteur » connu, l’aspiration se fera naturellement et d’autres arriveront dans la foulée, libérant Prestashop de son image et lançant un nouvel acteur dans le Mid market. La récente levée de fonds de 3M€ prouve que l’éditeur se donne les moyens d’atteindre cet objectif et c’est tout le bonheur que nous souhaitons à cette équipe Française. De même, avoir une stratégie “en propre” et ne plus se focaliser uniquement sur celle de Magento pourrait être bénéfique, la solution a suffisamment d’avantages à faire valoir pour se forger son chemin. Être différent, unique, jouer de ses propres forces a souvent beaucoup plus de vertus que de courir après le meilleur de sa catégorie.

Les forces et faiblesses de PrestaShop

Les plus
+      Un système facile à apprendre tant pour les utilisateurs que les développeurs
+      Un Webservice très fourni
+      Une application mobile très propre et avancée
+      Une équipe motivée, ambitieuse et qui n’a pas oublié que le besoin vient du client

 

Les moins
     Pas de système de cache (ni bloc, ni FPC)
-      Du retard (presque comblé) sur le multi boutique et la navigation a facette
-      Le manque de framework (Zend, Symfony) sous-jacent limite la réutilisabilité du code
-      Un business model qui se cherche mais encore peu lisible, ce qui ne rassure pas sur la solidité de l’éditeur

Tableau de synthèse des performances de PrestaShop

Coût 
Mobile  
Nombre de développeur sur le marché
Webservice / API
Facilité d’usage du Backoffice
Maturité technique
Communauté
Couverture fonctionnelle
Rapidité de la solution (Site Web)
Rapidité de la solution (Backoffice)
Difficulté de prise en main développeur

Analyse graphique de PrestaShop

Conclusion: PrestaShop, pour qui ?

PrestaShop est une solution principalement destinée aux E-commerçants du Tiers 1. Facile à prendre en main et nécessitant peu de budget pour le lancement d’un projet, PrestaShop une solution qui séduit, pour le moment, un public moins spécialiste que ses concurrents avec des projets de plus petites tailles. En effet, lancer un projet E-commerce avec PrestaShop est bien plus simple qu’avec Magento qui demande un investissement beaucoup plus lourd.

Malgré cette image qui lui colle à la peau, PrestaShop s’étoffe de version en version. De plus, PrestaShop commence à se faire une réputation internationale. En 5ème position des solutions E-commerce les plus utilisées et de plus en présent à l’international, PrestaShop est en pleine croissance et commence à intéresser des E-commerçants de plus grande envergure.

Quand de la poudre se situe pas loin d’une boite d’allumette…

5 Comments

  1. Bonjour et bravo pour ce livre blanc très bien écrit et très bien documenté. je rêve de trouver sur le net davantage de livre blancs de ce niveau. Je trouve que vos synthèses, vos graphiques et votre présentation du futur du e-commerce sont d’une rare qualité. Je m’étonne de n’avoir pas découvert de document dès sa sortie. je vais en faire la diffusion qu’il mérite. Je suis impatient de connaitre vos prochaines publications.Bravo encore. Keep the good job !

  2. J’ai lue je ne sais plus ou que Prestashop aurait licencié plusieurs 10ene de developeurs en France, Est ce des rumeurs ? Bref, n’est ce pas risqué de miser sur cette monture dans ces conditions ?

    • Bonjour Dexter (le nom fait peur alors je réponds le plus vite possible ;) ),

      En fait Prestashop a licencier beaucoup plus de 10 personnes. Le blog de l’ecommerce Academy, puis la réponse de l’éditeur sur ce même blog puis sur le Journal du Net a défrayé la chronique pendant un moment. Ce n’est donc pas une rumeur mais un fait.

      Pour répondre à la 2° question posée, “puis-je faire confiance à Prestashop dans ces conditions”, c’est assez différent. La réponse donnée ici n’engage que moi (Philippe Humeau).
      Prestashop est une solution qui anime ~125 000 sites dans le monde et dont les parts de marché sont donc non négligeables. Certes la solution s’adresse plus aux petits sites, certes l’éditeur traverse une période de restructuration / perturbation et certes, l’avenir de l’éditeur est difficile à lire dans l’immédiat.

      Pour autant, les vertus intrinsèques de la solution ne sont pas remise en cause par l’état de l’éditeur à mon sens. Pas encore tout du moins. Le modèle Opensource protège aussi la solution contre un crash de l’éditeur quelque part, non que je pense que ce soit le cas à court terme, mais disons que dans le pire cas, la solution survivra probablement à son éditeur, ça s’est déjà vu dans le milieu opensource.

      De plus, le choix de Prestashop se fait pour une durée, comme pour toute solution. Magento est en pause, Prestashop dans la tourmente, Drupal, etc… Ils ont tous quelque chose mais pour autant, vous n’êtes pas “marié” avec la solution comme dans le cas d’un Demandware ou d’un ATG. Pire encore avec du Netrada ou du GSI (déléguation). En moyenne, on garde son framework ~24 à 36 mois dans ce domaine, donc au pire, vous pourrez changer. Les sociétés maitrisants deux frameworks et pouvant vous aider à migrer existent. Là encore, c’est dans le pire cas.

      Quand à la version 1.5, elle a mis du temps à arriver, elle a encore quelques petits glitchs, mais rien de bloquant pour de la production, loin de là.

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